L’intelligence artificielle (IA) est devenue un moteur de transformation majeur pour les entreprises et les travailleurs à travers le monde.
En Belgique, l’adoption de l’IA progresse, mais elle s’accompagne de défis liés à la confiance, à la formation et à la réglementation. Cet article explore les statistiques clés et les tendances qui dessinent le paysage de l’IA en Belgique.
1. Adoption et utilisation de l’IA dans les entreprises en Belgique
Taux d’adoption général
- Seul un tiers des travailleurs belges utilisant un ordinateur au moins une heure par jour se servent régulièrement d’applications d’IA générative comme ChatGPT (PwC Belgium, mai 2025).
- 40 % des travailleurs n’utilisent aucun outil d’IA (PwC Belgium, mai 2025).
- L’utilisation régulière d’outils d’IA générative a augmenté de 13 % l’année dernière à 34 % cette année (PwC Belgium, mai 2025).
- Un quart des entreprises belges (de plus de 10 travailleurs) utilisent au moins une application d’IA, soit une augmentation de 80 % par rapport à l’année précédente (Acerta, février 2025).
- La Belgique se classe au 4e rang européen pour l’utilisation de l’IA en entreprise avec 34,54 % des entreprises (10+ employés), derrière le Danemark (42,03 %), la Finlande (37,82 %) et la Suède (35,04 %). La moyenne UE est de 19,95 % (Eurostat, décembre 2025).

- Un quart (24 %) des travailleurs belges utilisent régulièrement l’IA au travail, une augmentation de 50 % par rapport aux 16 % en 2024 (SD Worx, février 2025).
- 63 % des Belges utilisent l’IA à des fins professionnelles, d’étude ou personnelles (KPMG, avril 2025).
Adoption de l’IA par taille d’entreprise en Belgique
- En 2023, l’IA était présente dans 23 % des entreprises de taille moyenne (+6 points en 2 ans) (SPF Economie, données 2023).
- Seulement 7,5 % des micro-entreprises et 10,6 % des petites entreprises belges utilisent l’IA (SPF Economie, données 2023).
- La progression de l’adoption est plus rapide dans les grandes entreprises (+18 points), suivie des moyennes (+13 points) et des petites (+10 points) (Acerta, février 2025).
Adoption par secteur
- Le secteur des services est le plus avancé, avec 27,4 % des entreprises utilisant l’IA (Acerta, février 2025).
- L’industrie manufacturière a connu une augmentation de 52 % de l’utilisation de l’IA l’année dernière, et la construction de 110 % (Acerta, février 2025).
Fréquence d’utilisation
- 15 % des travailleurs utilisent quotidiennement des outils d’IA générative, et 19 % les utilisent au moins une fois par semaine (PwC Belgium, mai 2025).
- La création de contenu (21 %), la personnalisation de la communication et l’automatisation des tâches (17 % chacune) sont les principales utilisations de l’IA au travail (SD Worx, février 2025).
Écart d’adoption (genre, âge, etc.)
- Les hommes sont plus susceptibles d’utiliser régulièrement l’IA au travail (42 %) que les femmes (24 %) (PwC Belgium, mai 2025).
- Les plus jeunes (moins de 34 ans) utilisent plus d’outils d’IA générative régulièrement (49 %) que les 35-54 ans (28 %) et les plus de 55 ans (19 %) (PwC Belgium, mai 2025).
- Les managers utilisent plus l’IA (37 %) que les employés de niveau exécutif ou junior (18 %) (SD Worx, février 2025).
- L’utilisation de l’IA est plus élevée dans le secteur privé (28 %) que dans le secteur public (19 %) (SD Worx, février 2025).
Connaissance des outils d’IA
- ChatGPT est l’outil d’IA générative le plus reconnu en Belgique, cité par plus de la moitié des utilisateurs (55 %) (Deloitte, juillet 2024).
- Snapchat My AI (16 %) et Microsoft Copilot (15 %) sont également couramment utilisés (Deloitte, juillet 2024).
2. Confiance et perception de l’IA
Niveaux de confiance
- Seulement 35 % des Belges sont prêts à faire confiance à l’IA (KPMG, avril 2025).
- 56 % des Belges acceptent ou approuvent l’utilisation de l’IA (KPMG, avril 2025).
- La confiance dans l’exactitude des résultats de l’IA est la plus faible à Bruxelles (44 %), comparée à la Wallonie (49 %) et la Flandre (51 %) (Deloitte, juillet 2024).
- Plus de la moitié (57 %) des travailleurs belges ont confiance en leurs compétences uniques, non remplaçables par l’IA (SD Worx, février 2025).
Perception des risques et des avantages
- Les Belges ont des émotions mitigées concernant l’IA, étant plus inquiets qu’optimistes ou excités (KPMG, avril 2025).
- 39 % des Belges estiment que les risques de l’IA l’emportent sur les avantages, tandis que 34 % estiment que les avantages l’emportent (KPMG, avril 2025).
- 84 % des Belges sont préoccupés par les résultats négatifs potentiels de l’IA (KPMG, avril 2025).
- Les principales préoccupations incluent la perte d’interaction humaine (89 %), les risques de cybersécurité (88 %) et la désinformation (88 %) (KPMG, avril 2025).
- 81 % des Belges s’attendent néanmoins à des résultats positifs de l’IA (KPMG, avril 2025).
Confiance dans les organisations
- Les universités et instituts de recherche nationaux sont les plus fiables pour développer et utiliser l’IA (88 % de confiance modérée à élevée), suivis des institutions de santé (80 %) (KPMG, avril 2025).
- Plus de 40 % des Belges ont une faible confiance dans les organisations commerciales et les grandes entreprises technologiques (KPMG, avril 2025).
3. Impact de l’IA sur l’emploi et les compétences
Peur de la perte d’emploi
- Près d’un quart (23 %) des entreprises s’attendent à avoir besoin de moins de personnel grâce à l’IA (Acerta, février 2025).
- Près d’un quart (24 %) des travailleurs craignent que l’IA ne rende une grande partie de leur emploi obsolète (SD Worx, février 2025).
- Parmi les utilisateurs réguliers de l’IA, plus de la moitié (53 %) pensent que l’IA va profondément changer leur travail d’ici trois ans (SD Worx, février 2025).
- Les jeunes travailleurs sont presque deux fois plus inquiets de la perte d’emploi due à l’IA que les groupes plus âgés (55 % des 16-24 ans vs 19 % des 45-54 ans) (Deloitte, juillet 2024).
Bénéfices pour le travail
- Plus de trois quarts (77 %) des utilisateurs d’IA estiment que la technologie facilitera leur travail dans les deux prochaines années (Deloitte, juillet 2024).
- Près de trois quarts (72 %) pensent que l’IA rendra leur travail plus agréable et plus motivant (Deloitte, juillet 2024).
Compétences et formation
- 46 % des Belges déclarent avoir des connaissances limitées en IA (KPMG, avril 2025).
- Seulement 39 % des Belges ont reçu une formation en IA (KPMG, avril 2025).
- 85 % des employés belges qui utilisent l’IA ont reçu une formation de leur employeur (Deloitte, juillet 2024).
4. Réglementation et politique de l’IA
Politique des entreprises
- 40 % des entreprises belges encouragent l’utilisation de l’IA générative au travail (Deloitte, juillet 2024).
- 29 % des entreprises n’ont pas de politique formelle concernant l’utilisation de l’IA (Deloitte, juillet 2024).
- Près de neuf entreprises sur dix autorisent l’utilisation de l’IA, mais sept travailleurs sur dix estiment que les directives sont insuffisantes (Acerta, février 2025).
Réglementation et gouvernance
- 72 % des Belges estiment qu’une réglementation de l’IA est nécessaire (KPMG, avril 2025).
- Seulement 34 % des Belges pensent que les réglementations actuelles sont suffisantes pour garantir une utilisation sûre de l’IA (KPMG, avril 2025).
- 90 % des Belges ne sont pas au courant des lois, réglementations ou politiques applicables à l’IA en Belgique (KPMG, avril 2025).
- La législation européenne sur l’IA («AI Act»), adoptée en mars 2024, est entrée pleinement en vigueur en 2025 (SPF Economie).
- 85 % des Belges souhaitent des lois et des actions pour lutter contre la désinformation générée par l’IA (KPMG, avril 2025).
5. Investissement des entreprises en IA
- Un tiers (31 %) des entreprises belges ont investi dans l’IA au travail d’ici 2024, ce qui correspond à la moyenne européenne (SD Worx, mai 2024).
- Les principaux domaines d’investissement en IA pour les RH sont le recrutement (tri automatisé des CV, 13 %), le support RH (13 %), l’apprentissage et le développement (12 %) (SD Worx, février 2025).
- 24 % des organisations belges utilisent déjà l’IA dans leur processus de paie (SD Worx, mai 2024).
6. Position mondiale
La Belgique se classe au 13e rang mondial pour l’adoption de l’IA générative, avec 36 % de la population (15-64 ans) ayant utilisé cette technologie dans la deuxième moitié de 2025. La Belgique se place devant le Canada (35 %) et bien au-dessus des États-Unis (28,3 %) (Microsoft, janvier 2026).

Selon Eurostat (décembre 2025), 42 % des Belges ont utilisé des outils d’IA générative au cours des trois derniers mois, un taux nettement supérieur à la moyenne européenne de 32,7 %.
Utilisation d’outils d’IA générative pour des besoins privés en Belgique : 33,53 (le top 1 est la Norvège avec 47,27).

Utilisation d’outils d’IA générative pour des besoins professionnels en Belgique : 20,82 (top 1 est la Norvège avec 35,44).

Utilisation d’outils d’IA générative pour l’éducation formelle en Belgique : 10,26 (top 1 Suède avec 20,99).

Conclusion
Les statistiques démontrent que la Belgique est en bonne voie pour l’adoption de l’IA en Europe. Cependant, des défis significatifs persistent, notamment en matière de littératie numérique, de renforcement de la confiance, de gestion proactive des risques et de mise en œuvre de politiques claires au sein des entreprises.
Pour pleinement exploiter le potentiel de l’IA, il sera crucial de continuer à investir dans la formation, de sensibiliser aux bonnes pratiques et d’assurer une réglementation adaptée et bien comprise par tous les acteurs.