Newsletter Édition #4

IA et éducation en Belgique : un code de la route, mais pas de volant

Bienvenue dans cette édition #04 de la newsletter du Cercle IA. L'IA générative trouve-t-elle sa juste place dans l'enseignement en Belgique ? Comparaison avec la France et le Royaume-Uni.

Tarik Hennen

Tarik Hennen

Publié le 16 septembre 2025

IA et éducation en Belgique : un code de la route, mais pas de volant

Bienvenue dans cette édition #04 de la newsletter du Cercle IA. Merci aux 90 nouveaux abonnés (vous êtes désormais 805 à suivre cette newsletter).

La rentrée académique vient d’avoir lieu dans le supérieur. Vous voyez donc venir la question : est-ce que l’IA générative trouve sa (juste) place dans l’enseignement en Belgique ?

Un constat alarmant : Juin 2025. Une institution d’enseignement supérieur belge consulte un groupe de professionnels de l’IA. Le constat est sans appel : le programme ignore presque totalement l’IA générative. Pour les étudiants qui viennent de faire leur rentrée dans ce programme, soit trois ans après la sortie de ChatGPT, la douche risque d’être froide lorsqu’ils arriveront sur le marché du travail.

Dans cette édition :

  • Le symptôme belge : pourquoi la peur paralyse l’innovation éducative
  • Comparaison internationale : comment nos voisins français et anglais prennent l’avantage
  • Le coût de l’inaction : les risques cachés à ne rien faire
  • L’outil à tester : Napkin AI, pour transformer vos idées en visuels percutants

Le symptôme belge : quand la peur paralyse l’innovation éducative

Partons du document officiel « Intelligence artificielle & enseignement : principes d’application » publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) en août 2025.

Dans cette brochure de 12 pages, 85% du texte se concentre sur ce qu’il faut éviter de faire avec l’IA.

Ce qu’on y trouve en abondance : énumération des risques, rappels RGPD et droit d’auteur, mises en garde contre les biais, alertes sur la dépendance technologique.

Ce qu’on y cherche en vain : comment intégrer concrètement l’IA dans l’enseignement, quelles méthodes pédagogiques adopter, comment former les enseignants, quelles ressources mettre en place.

Le résultat ? C’est comme donner un code de la route à un jeune conducteur sans lui expliquer comment conduire.

Une approche belge en rupture avec les orientations de l’UNESCO et de la Commission européenne

L’European Digital Education Hub (EDEH), lancé en juin 2022, a produit un consensus robuste sur l’intégration de l’IA en éducation avec plus de 7 000 membres et plus de 150 publications.

Trois piliers de compétences des enseignants :

  1. Enseigner POUR l’IA (Teaching for AI) : développer les compétences citoyennes fondamentales pour tous afin d’interagir avec confiance, esprit critique et sécurité avec les systèmes d’IA.
  2. Enseigner AVEC l’IA (Teaching with AI) : maîtriser l’utilisation pédagogique des systèmes d’IA et développer le jugement pédagogique pour savoir quand les utiliser.
  3. Enseigner SUR l’IA (Teaching about AI) : la dimension plus technique, centrée sur la formation aux fondamentaux de l’IA.

Compétences essentielles pour les enseignants à l'ère de l'IA - Par l'auteur de Napkin IA

Le paradoxe belge ? Nous avons accès à cette expertise européenne documentée et validée par plus de 7 000 professionnels, mais chaque institution préfère réinventer la roue.


Belgique, France, Royaume-Uni : trois approches de l’IA en éducation

Belgique (Fédération Wallonie-Bruxelles) : le manuel de conformité

La Fédération Wallonie-Bruxelles a choisi l’angle de la prudence maximale. Le document officiel aligne règles et interdits : RGPD, droit d’auteur, supervision humaine, sobriété numérique. Résultat : l’IA est perçue surtout comme une menace à contrôler plutôt qu’un levier pédagogique.

France (Éducation nationale, 2025) : le mode d’emploi officiel

Le gouvernement français a publié un « cadre d’usage de l’intelligence artificielle (IA) » en éducation de 18 pages qui présente les potentialités de l’IA avant les risques. L’approche est plus opérationnelle que celle de la Belgique. En France, l’usage de l’IA est autorisé en éducation dès lors qu’il respecte le cadre défini : formation obligatoire des élèves, expérimentation encadrée par les enseignants.

Royaume-Uni : un cadre pour saisir les opportunités

Le Russell Group, association qui rassemble les 24 principales universités de recherche britanniques (Oxford, Cambridge, Imperial College…), a publié en 2023 un cadre commun d’utilisation de l’IA générative en seulement 3 pages et cinq piliers :

  1. Les universités aideront les étudiants et le personnel à devenir compétents en IA (AI-literate)
  2. Le personnel doit être en mesure d’accompagner les étudiants dans l’utilisation des outils d’IA générative
  3. Les universités adapteront l’enseignement et l’évaluation afin d’intégrer l’usage éthique de l’IA générative
  4. Les universités veilleront à maintenir la rigueur académique et l’intégrité
  5. Les universités collaboreront pour partager les meilleures pratiques

Intégration de l'IA dans l'éducation - Par l'auteur de Napkin IA

Trois visions, trois vitesses :

  • La Belgique freine (« Ne faites pas d’erreurs avec l’IA »)
  • La France avance avec le frein à main (« Faites avec l’IA, mais sous conditions strictes »)
  • Le Royaume-Uni accélère (« Innovez, expérimentez, partagez »)

Les risques de l’inaction

Ne rien faire n’est pas neutre. C’est un choix qui porte des conséquences :

  1. Sacrifier les chances de nos étudiants : dans trois ans, ils affronteront un marché du travail redessiné par l’IA avec des compétences d’hier.
  2. Laisser les enseignants démunis : sans cadre structurel, ils sont relégués à bricoler des solutions individuelles.
  3. Creuser notre retard concurrentiel : pendant que nous débattons, nos voisins forment une génération d’experts IA.
  4. Le piège de la formation technique en silo : créer un cours d’IA distinct, enseigné par le département informatique, déconnecté des applications métier.

Message aux décideurs belges — trois actions urgentes :

  1. Sortez de la logique de conformité. Passez du « comment éviter les risques » au « comment saisir les opportunités ».
  2. Inspirez-vous des consensus internationaux. L’UNESCO et la Commission européenne ont fait le travail. Utilisez-le.
  3. Formez massivement. Enseignants d’abord, étudiants ensuite. Sans formation de qualité, tous les beaux principes restent lettre morte.

L’outil de la semaine : Napkin AI

« Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours » (Napoléon Bonaparte)

Napkin AI transforme cette frustration en opportunité. L’outil analyse automatiquement vos textes et génère instantanément des visuels clairs qui rendent votre message immédiatement compréhensible.

Le processus est d’une simplicité déconcertante : vous collez votre texte, Napkin comprend automatiquement la structure de vos idées, et en quelques secondes génère diagrammes, infographies ou cartes mentales adaptés à votre contenu.

Pourquoi il faut tester Napkin AI :

  • Génère en quelques secondes un visuel impactant à partir de vos textes
  • Design professionnel sans compétences graphiques
  • Parfait pour les présentations, rapports et visuels pour les réseaux sociaux

Trois ans après ChatGPT, nous avons le choix :

Option 1 : Continuer à débattre des risques et à attendre pendant que d’autres forment les talents de demain.

Option 2 : Prendre les devants, individuellement et collectivement.

À bientôt et n’oubliez pas de mettre vos connaissances en pratique.

Tarik Hennen

À propos de l'auteur

Tarik Hennen

Ancien avocat devenu entrepreneur, consultant en stratégie et marketing numérique. Fondateur du Cercle IA, il accompagne les professionnels du droit, du conseil et de la santé dans leur montée en compétence IA.

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